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Un sol pollué peut-il être restauré en sol fertile ?

L'atelier "qu'est ce que reconstituer un sol sain et fertile?" sur l'emplacement de la ferme urbaine du Trichon à Roubaix, a eu lieu le 2 octobre. Pierre Wolf nous en a livré les secrets.

Nous avons observé le grand terrain décaissé de ses sols pollués et aujourd'hui couverts de limons apportés de Saint-André, suite à une opération de creusement.

Les études de pollution ont pu démontrer que la pollution s'était concentrée sur de petites zones et n'était pas uniforme, il a fallu creuser pour extraire les terres des poches de pollution.



Durant l'été, afin de ne pas perdre une saison, un semis de plantes pouvant nourrir le sol (engrais vert d'été)a été réalisé : Moutarde, Nigelle, Tournesol ... il viendra se décomposer dans le sol.

Le terrain de 6000 m2 au total a été divisé en 3 Zones.

- La Zone 3 - plus petite - accueille une expérimentation. On y a déposé un échantillon des terres contenant toutes les pollutions trouvées sur le terrain (Dioxines, Hydrocarbures, Zinc...) et on va y faire des cultures maraichères, qui seront analysées pour comprendre la migration de la pollution dans les plantes.

- La Zone 1 et 2 ont été débarrassées de toutes les pollutions, il n'y reste qu'une pollution dite "de fond" qui est celle que l'on observe dans l'environnement urbain classique.

- Sur la Zone 2, les mêmes plantes seront cultivées que sur la Zone 3, et l'on mesurera de la même façon les niveaux de pollution dans les cultures.

- Par ailleurs, en zone 3 polluée, comme en zone 2 dite "miroir" non polluée, on procédera pour les cultures à différents types d'amendement du sol (Compost, fumure, BRF bois raméal fragmenté ...) pour comparer les meilleurs procédés tant pour la fertilité que pour l'incidence sur la contamination des polluants.


Tout ce travail est permis par l'appui particulier de la Métropole Européenne de Lille et de la Ville de Roubaix, au collectif de la ferme urbaine du trichon impliquant Baraka, El'Cagette, la Brasserie Roubaisienne Hub, les paysans urbains ...

Un consortium impliquant les universités de Lille, du Littoral, l'Institut Supérieur d'Agronomie de la Catho Lille et un Bureau d'étude EACM, procède au suivi scientifique de cette expérimentation, probablement sur une durée de 3 ans.

Elle a comme particularité supplémentaire que l'on va aussi y mesurer la pollution des poussières urbaines, sujet actuellement peu et mal documenté.


Le projet envisage de mobiliser des salariés, notamment pour les paysans urbains et l'animation. Le modèle envisagé prévoit que 250 personnes puissent s'abonner à un prix journalier très modique, et venir elles-même cueillir et s'approvisionner en fonction de la production du site. Ainsi les frais et le travail de cueillette et de conditionnement seront extériorisés et reposeront sur les consommateurs abonnés.


Afin de rendre accessible cette possibilité aux personnes les plus précaires financièrement, des partenariats seront recherchés avec le CASS ou autres organismes sociaux pour diminuer le cout de l'abonnement.


A terme la ferme urbaine sur son principe d'agro-maraichage intensif pourrait accueillir au moins 2 maraichers.

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